Burkina Faso

La microfinance est bien établie au Burkina Faso, avec un réseau en expansion bien qu’inégal. Après plus de 20 ans de construction, le secteur a connu une croissance rapide et diversifiée, suivie d’une phase de consolidation depuis l’adoption en 1994 d’un cadre légal spécifique. 

Selon les indicateurs des systèmes financiers décentralisés (SFD) de la BCEAO, le pays comprend fin 2014, 85 IMF et 402 points de services pour 2 247 812 clients/membres. Le montant total des dépôts s’élève à 151 935 millions Fcfa et l’encours des crédits à 110 765 millions Fcfa.

Selon les informations de l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Burkina Faso (APSFD-BF), en termes d'implantation géographique, chaque province compte au moins une IMF. Cependant, il existe une grande disparité entre les provinces : plus de 80% des provinces hébergent moins de 6 institutions dont un quart n'en compte que deux ; 18% accueillent entre 6 et 8 institutions ; le Kadiogo, province abritant la capitale, compte 18 institutions.

Indicateurs économiques clés
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Population : 16.9 millions (2013)

RNB par habitant : 750 USD (2013) 

Croissance du PIB : 6.6% (2013)

Monnaie : Franc CFA

% de la population vivant avec 1.25 USD par jour : 44.5% (2009)

% de la population vivant avec 2 USD par jour : 72.4% (2009)

Sources: 
Banque Mondiale
Indicateurs d'inclusion financière
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% de la population ayant un compte dans une institution financière formelle : 14% (2014)

% de la population ayant un prêt dans une institution financière formelle : 5% (2014)

% de la population épargnant dans une institution financière formelle : 9% (2014)

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
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Plusieurs textes communautaires et nationaux régissent la création, l’organisation et la gestion des institutions de microfinance au Burkina Faso.

Sur le plan communautaire, il s’agit :

  • La loi-cadre portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés adoptée par le Conseil des Ministres de l’UMOA le 6 avril 2007
  • Les traités de l’OHADA signés le 17 octobre 1993 et consacrant la primauté de ces actes sur le droit national. Les actes uniformes de l’OHADA régissent le fonctionnement des IMF dans plusieurs domaines notamment la forme juridique, les garanties pratiquées et les modalités de liquidation des personnes morales non commerçantes
  • Le dispositif prudentiel de la BCEAO constitué de huit instructions qui décrivent les principes de gestion des IMF

Sur le plan national, on retiendra essentiellement :

L’activité de la microfinance au Burkina est régie par la loi n° 023-2009/AN du 14 mai 2009  portant réglementation des SFD, le décret n° 2009-839/PRES/PM/MEF du 18 décembre 2009 portant réglementation des SFD ainsi que par les instructions de la BCEAO. Les SFD sont par ailleurs assujettis à la loi n°18-97/AN du 30 juillet 1997 qui définit et réprime l’usure.

Le secteur est contrôlé et supervisé par la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) (à travers la Direction de la Microfinance) et la BCEAO.

Politique nationale de développement du secteur
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Une Stratégie Nationale de la Microfinance a été adoptée le 30 novembre 2005 et un Plan d’action de mise en œuvre 2006-2010 de cette Stratégie Nationale a été adopté le 19 juillet 2006. 

Pour le gouvernement burkinabé, la microfinance est un important levier national de réduction de la pauvreté tout en consolidant fortement l’économie domestique.

Vision et Mission

La microfinance doit être un outil de lutte contre la pauvreté, viable, durable, diversifié tant sur le plan institutionnel que sur le plan de l’offre de produits et services et opérant dans un environnement socio-économique, légal, réglementaire et fiscal favorable à son développement. 

La mission du secteur est d’offrir de façon permanente des services financiers et non financiers (informations, sensibilisation, suivi-conseils et formation) diversifiés et adaptés aux besoins du plus grand nombre et en particulier aux catégories sociales n’ayant pas accès aux services bancaires.

Principes directeurs

La mise en œuvre de cette stratégie se fonde sur les principes suivants :

  • l’équité
  • l’éthique
  • la transparence  
  • la protection des actifs et des clients

Objectifs de développement du secteur

L’objectif global de la stratégie nationale de microfinance est d’améliorer l’accès de la majorité en quantité et en qualité aux produits financiers en professionnalisant et en organisant le secteur d’une part et en l’articulant au secteur financier national d’autre part à l’horizon 2015. 



Les objectifs spécifiques :

  • créer un environnement socio-économique, légal, réglementaire et fiscal favorable au développement du secteur de la microfinance ;
  • renforcer les capacités des IMF ;
  • promouvoir l’innovation financière : développer et diversifier l’offre de services financiers des IMF de manière à toucher le plus grand nombre des populations bénéficiaires ;
  • renforcer le cadre institutionnel de manière à permettre la professionnalisation et une meilleure surveillance du secteur ;
  • améliorer l’information sur le secteur de manière à favoriser son intégration au système financier national.