APA, ASKI et FDL finalistes du Prix européen de la Microfinance 2019 « Renforcer la résilience au changement climatique »

Mise en ligne: 
24 sept. 2019
  • Ces trois finalistes proposent un éventail d’approches destinées à renforcer la résilience des populations vulnérables face au changement climatique
  • APA au Kenya est sélectionné pour son programme d’assurance indicielle pour les rendements et le bétail
  • ASKI aux Philippines est sélectionné pour son initiative de préparation aux catastrophes
  • Financiera Fondo de Desarrollo Local (FDL) au Nicaragua est sélectionné pour son programme polyvalent Green Microfinance Plus
  • Les finalistes concourront devant un grand jury chargé de les évaluer et de désigner un lauréat, dont le nom sera annoncé lors de la cérémonie organisée à la Banque européenne d’Investissement à Luxembourg le jeudi 21 novembre 2019.  
  • Le lauréat remportera 100 000 € et les autres finalistes 10 000 €.
  • Les trois finalistes et les sept demi-finalistes figureront dans la publication de l’e-MFP The European Dialogue, à paraître en avril 2020.

Luxembourg, le 23 septembre 2019

Le 19 septembre, le comité de sélection du Prix européen de la Microfinance 2019 « Renforcer la résilience au changement climatique » a désigné les trois finalistes qui se disputeront le Prix d’une valeur de 100 000 € : APA, ASKI et FDL. Au travers d’initiatives mises en place afin de renforcer la résilience des populations vulnérables face au changement climatique, ces organisations hors du commun incarnent l’esprit d’innovation et le dynamisme de ce champ crucial de l’inclusion sociale.  

Le prix de cette année ne pourrait être décerné à un meilleur moment. Les événements extrêmes (sècheresses, inondations, tempêtes, températures fluctuantes et autres changements climatiques) se répètent à une fréquence et une intensité accrues et exacerbent les risques planant sur la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la croissance économique et les droits humains. Ce sont les populations pauvres des pays en voie de développement qui subissent  de plein fouet ces bouleversements et les données relevées via le ND-GAIN Country Index montrent que les pays où les candidats sélectionnés sont basés sont clairement les plus susceptibles face au changement climatique et les moins préparés pour y faire face.Preuve s’il en faut, le Prix a récolté des candidatures provenant de prestataires de services financiers œuvrant avec les populations ayant le plus grand besoin d’assistance.   

Le secteur de l’inclusion financière a un rôle énorme et important à jouer dans la consolidation de la résilience des communautés vulnérables aux effets du changement climatique. Ce rôle peut inclure l’octroi de prêts en vue d’investissements dans l’irrigation, les semences résistant à la sécheresse ou d’autres solutions adaptatives; l’émission de polices d’assurance pour augmenter la résilience aux chocs; l’utilisation de services de transfert ou d’envoi de fonds afin de canaliser l’aide au lendemain de catastrophes naturelles liées au climat ou l’aide à la planification financière à long terme des clients (y compris grâce à des produits d’épargne) afin de promouvoir le développement d’activités économiques plus adaptables.    


Les services financiers conçus pour augmenter la résilience peuvent être adossés à des produits et services non-financiers afin de combler les déficits de capacités. Il peut s’agir d’un travail de sensibilisation et de compréhension des risques climatiques au travers d’une assistance technique et de formations, de promotion de normes de construction renforçant la résilience aux inondations et aux vents violents et d’intégration dans la planification institutionnelle d’évaluations des risques climatiques et de prévisions d’événements météorologiques extrêmes – permettant d’aider la clientèle à utiliser ces données dans ses activités économiques. Toutes ces approches renforcent la préparation aux chocs futurs et aident les clients à gérer ces chocs sans recourir à des stratégies d’adaptation onéreuses telles que le surendettement ou la vente d’actifs de production.   

Depuis la mi-mars, les candidatures déposées par 41 organisations issues de 27 pays ont été évaluées dans le cadre d’un processus rigoureux, en plusieurs étapes et dont l’aboutissement est la sélection, par le comité de sélection composé de 18 experts et notamment de membres de la Plateforme européenne de la Microfinance (e-MFP), du Ministère luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes et du Inclusive Finance Network Luxembourg (InFiNe.Lu), des trois finalistes APA ; ASKI et FDL en lice pour le prix.  

  • APA est une compagnie d’assurance kenyane proposant un produit d’assurance indicielle à une clientèle surtout composée de petits exploitants et d’agriculteurs de subsistance.  L’agriculture constitue la principale source de subsistance pour la majorité des Kenyans.  Or, les changements climatiques les touchent profondément du fait de leur faible résilience et de leur dépendance à une agriculture non irriguée – en raison notamment de la fréquence accrue des inondations et des sécheresses et de l’évolution des régimes de précipitations. APA rencontre ces phénomènes au travers de deux produits – une assurance indicielle pour le bétail (IBLI) et une assurance indicielle pour les rendements locaux (AYII).  L’IBLI couvre les pasteurs contre la détérioration du fourrage (alimentation pour le bétail au pâturage) due à la sécheresse et qui entraîne la mort du cheptel.  L’AYII couvre les agriculteurs et leurs cultures sur pied assurées contre les dommages dus à des pluies excessives, aux crues, au gel, aux grêlons, à la canicule, à une tempête, aux maladies ou nuisibles incontrôlables et à la sécheresse.  Le produit indemnise les sinistres des agriculteurs lorsque le rendement moyen de leur zone chute sous un seuil donné, indépendamment du rendement effectif de l’exploitation individuelle de chaque client.
  • ASKI est une IMF philippine renforçant la résilience de ses clients face aux changements climatiques en se concentrant sur le degré de préparation au sein des institutions et des communautés. En plus des séismes, éruptions volcaniques et tsunamis fréquents, les Philippines sont affectées de façon significative par les changements climatiques au travers notamment de la fréquence et gravité accrues des typhons, de la hausse des températures, de la montée du niveau des mers, des crues et des glissements de terrain.  Par conséquent, nombreux sont les clients d’ASKI qui ont subi des dommages graves, voire une perte totale de leur production ou de leurs actifs, les précipitant vers la faillite ou le défaut de paiement.  ASKI a renforcé le degré de préparation de multiples façons et par, entre autres, la mise en place d’une équipe de réduction des risques de catastrophe, la publication d’un guide sur la réduction des risques de catastrophe et la planification de la continuité opérationnelle pour les IMF, l’ouverture d’un fonds de résilience alimenté par une épargne dédiée des clients en vue du secours aux sinistrés et du rétablissement, la création de prêts de réhabilitation et de prêts-relais pour les clients durement touchés, assortis d’une période de grâce et de frais et taux d’intérêts minorés et la souscription par les clients à des produits de micro-assurance pour atténuer le risque.
  • Financiera Fondo de Desarrollo Local (FDL) est une IMF nicaraguayenne faisant face aux conséquences des changements climatiques en proposant des interventions locales pour renforcer non seulement la résilience de ses clients mais aussi celle de l’écosystème.  Les changements climatiques chamboulent l’agriculture, notamment du fait des cycles irréguliers de sécheresse et de crue, de la multiplication des pics de température extrême et de l’amorce de désertification; ils érodent donc les rendements et la capacité des paysans à rembourser. Le programme Green Microfinance Plus de FDL abaisse les frais de transaction, combine l’assistance technique à des paiements pour services écologiques et des prêts adaptés pour des systèmes de récolte d’eau et d’irrigation et inclut des modèles d’agrosylviculture en vue de l’intensification de la production de bétail basée sur des processus naturels pérennes et intégrés, comprenant l’amélioration de pâtures, la gestion et la diversification des semences et la conservation des sols.  A ces fins, FDL propose trois produits : des prêts de microfinance verte dans les hautes terres productrices de café et de cacao, des prêts pour le « corridor sec » afin de promouvoir les pratiques d’atténuation et d’adaptation et des prêts pour les activités de diversification des revenus issus de l’agrosylviculture.

 

Après l'annonce du nom des trois finalistes, la Ministre luxembourgeoise en charge de la Coopération au Développement et de l'Action humanitaire, Madame Paulette Lenert a déclaré : « En dix éditions du Prix européen de la Microfinance, jamais le concours n’a revêtu une telle pertinence ni répondu à une telle urgence. Personne, qu’importe le pays, n’échappera aux effets grandissants des changements climatiques – toutefois, ce sont les pauvres dans les pays à faibles revenus qui sont les plus vulnérables et dont la résilience est la plus déterminante. Nous sommes ravis d’observer la fascinante diversité des nombreuses initiatives et notamment des projets des trois exceptionnels finalistes, qui donnent chacun l’exemple en relevant ce défi crucial. »

Le lauréat sera choisi parmi les trois finalistes par un grand jury et son nom sera annoncé durant la semaine européenne de la Microfinance, le 21 novembre 2019, lors d'une cérémonie dans les locaux de la Banque européenne d'Investissement à Luxembourg.  

 

 

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