Pour le patron d'Orange Bank, Paul de Leusse, l'ère de l'After Banking a commencé

Mise en ligne: 
06 févr. 2020

Dans un ouvrage intitulé "After Banking", Paul de Leusse, directeur général d’Orange Bank, revient sur les grands bouleversements du secteur bancaire. Nouveaux entrants, instantanéité, données… Dans un contexte où les banques traditionnelles peinent à restaurer la confiance avec leurs clients, comment la technologie peut-elle contribuer à poser les bases d'une nouvelle relation bancaire ? Entretien.

L’Usine Digitale : Vous avez publié à l’automne dernier l’ouvrage "After Banking". Quel est son propos ?

Paul de Leusse : Je commence par un constat. Il y a 20 ans, les gens aimaient bien leurs banques. Avec la crise des subprimes en 2008, et aussi d’autres facteurs – une forme d’opacité, la tarification – est né un profond désamour. Or les banques traditionnelles ont du mal à restaurer leur image. Je pense que le digital peut justement permettre aux clients de retrouver cette confiance, avec notamment des opportunités pour développer l’inclusion financière, la possibilité de mieux comprendre les besoins des clients et coller à leurs attentes.

Le métier de banquier est un vieux métier. A leurs débuts, au 13e siècle, les banques conservaient l’argent d’un commerçant pour le redonner à un autre commerçant dans une autre ville, ce qui supposait une grande confiance vis-à-vis de la banque. Ensuite, elles se sont mises à prêter… mais aux riches uniquement. Puis le métier a évolué au 19e siècle, lorsqu’elles ont commencé à prêter à des clients moins aisés, les paysans, les ouvriers… et est apparue alors une confiance des banques vis-à-vis de ces populations. Le crédit s’est étendu avec le développement du mutualisme, et certaines catégories de personnes avec peu de moyens financiers ont pu alors y accéder. Mais aujourd’hui, ce rapport de confiance entre la banque et son client s’est transformé en défiance, avec une volonté de reprise en main de la gestion de son argent par le consommateur.

Il est également souvent reproché aux banques un manque de transparence…

Oui, c’est vrai, on ne peut pas le nier. Ce reproche est à la fois lié à un rapport inégal en matière d’informations – la banque est le sachant, le client l’ignorant – sur les produits de placement, la cascade de filiales, si bien qu’on ne sait plus qui gère son argent, mais aussi à l’évolution de la tarification, notamment celle de la tenue de comptes, avec des frais que découvrait le client sans avoir été prévenu. Enfin, la dégradation de cette relation est due à des call centers très souvent délocalisés, et donc à la perte de l’accès à un conseiller, sauf pour les clients privilégiés. Les banques traditionnelles ont construit leurs canaux à distance parallèlement aux agences, sans les intégrer. 

 

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