L’état de la sécurite alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019

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Date de publication: 
août. 2019

Le rapport de cette année fait apparaître qu’en chiffres absolus le nombre de personnes souffrant de la faim s’est lentement accru. Le rapport montre aussi que l’insécurité alimentaire ne se limite pas à la faim. Pour la première fois, le rapport présente des éléments qui permettent d’établir que nombre de personnes dans le monde, bien que ne souffrant pas de la faim, sont exposées à une insécurité alimentaire modérée, à savoir qu’elles ne sont pas toujours certaines de pouvoir se procurer à manger et se voient contraintes de ne pas manger en quantité suffisante ou de consommer des aliments de moindre qualité. C’est un phénomène de portée mondiale, qui sévit non seulement dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, mais aussi dans les pays à revenu élevé.

À la lecture du rapport, on comprend également que nous ne sommes pas sur la bonne voie s’agissant d’atteindre les cibles nutritionnelles mondiales, notamment en ce qui concerne l’insuffisance pondérale à la naissance et le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans. Par ailleurs, l’excès pondéral et l’obésité sont en hausse dans toutes les régions, particulièrement chez les enfants d’âge scolaire et les adultes. À cet égard, le rapport souligne qu’aucune région n’est épargnée par l’épidémie d’excès pondéral et d’obésité, mettant l’accent sur la nécessité d’approches multidimensionnelles et multisectorielles qui permettraient d’enrayer voire d’inverser ces tendances.

Dans le contexte actuel marqué par une économie mondiale fragile, le rapport présente de nouvelles données qui viennent confirmer que dans un grand nombre de pays ayant connu un ralentissement ou une contraction économique la faim a gagné du terrain. Mettant en lumière les liens qui existent entre ralentissement de la croissance et fléchissement économique d’une part, et insécurité alimentaire et malnutrition d’autre part, le rapport avance que le seul moyen de neutraliser les effets de cette conjoncture est de s’attaquer aux causes profondes de la faim et de la malnutrition, à savoir la pauvreté, les inégalités et la marginalisation. En conclusion, le rapport recommande des politiques à mener sur le court et sur le long terme pour résoudre ces problèmes sous-jacents et préserver la sécurité alimentaire et la nutrition en période de ralentissement de la croissance ou de fléchissement économique.