Cameroun

Le secteur de la microfinance camerounais occupe une place prépondérante en zone Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Selon les données de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC), fin 2012, il concentre 65% du nombre total des établissements de microfinance (EMF), 70% du total des bénéficiaires, 68% de l’encours des dépôts et 75% de l’encours net des crédits des EMF de la zone. L’activité de microfinance est en pleine expansion au Cameroun et s’accompagne de restructuration et de consolidation.

D’après la même source, fin 2012, les 509 EMF et les 1 100 points de services desservent 1 500 000 clients/membres. Parmi ces institutions, 6 réseaux regroupent 269 EMF (dont près de 67% pour le réseau CamCCUL) : le réseau CamCCUL ; 2 réseaux Caisse Villageoise d'Epargne et de Crédit (CVECA) et 3 réseaux Caisses Mutuelles d’Epargne et de Crédit (CMEC). Sur la même période, les EMF agréées enregistrent 454 milliards FCFA de dépôts et 240 milliards FCFA d’encours de crédits. En 2013, une réglementation qui fixe le maximum du taux effectif global sur les crédits à 33% par an est entrée en vigueur.

Les EMF offrent des produits d’épargne, de crédit et de microassurance, complétés par des services connexes tels que la domiciliation des salaires, la vente d’intrants agricoles ou la formation des bénéficiaires. Le produit qui connaît la plus forte croissance est le transfert d’argent dont le leader actuel est Express Union.

52% des IMF se situent en zone urbaine contre 48% en zone rurale. Douala et Yaoundé sont principalement les mieux loties. Les régions du Nord-Ouest, Centre, Littoral, Ouest et Sud-Ouest (sur les 10 que compte le Cameroun) regroupent plus de 80% des guichets d’EMF au Cameroun.

Les EMF camerounais agréés adhérent depuis sa création en 2003 à l’Association Nationale des Etablissements de Microfinance du Cameroun (ANEMCAM). 

Indicateurs économiques clés
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Population : 22.3 millions (2013)

RNB par habitant : 1 290 USD (2013) 

Croissance du PIB : 5.6% (2013)

Monnaie : Franc CFA

% de la population vivant avec 1.25 USD par jour : 27.6% (2007)

% de la population vivant avec 2 USD par jour : 53.2% (2007)

Sources: 
Banque Mondiale
Indicateurs d'inclusion financière
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% de la population ayant un compte dans une institution financière formelle : 12% (2014)

% de la population ayant un prêt dans une institution financière formelle : 2% (2014)

% de la population épargnant dans une institution financière formelle : 8% (2014)

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
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Près de 90% des EMF agréés au Cameroun sont déclarés ou enregistrés sous le régime d’association ou de coopérative d’épargne et de crédit, et sont ainsi régies respectivement par les lois n° 90/053 du 19 décembre 1990 sur la liberté d’association et n° 92/006 du 14 août 1992 relative aux sociétés coopératives et aux groupes d’initiative commune.

Avec l’entrée en vigueur de l’Acte Uniforme de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) sur le droit des sociétés coopératives de 15 décembre 2010, les coopératives d’épargne et de crédit sont en train d’ajuster leurs statuts pour se conformer à cet Acte. Les  autres EMF sont soit des sociétés anonymes, soit des projets ou fondations. 

Pour exercer l’activité de microfinance, les établissements de microfinance (EMF) après avoir choisi leur forme juridique, doivent solliciter un agrément auprès de l’autorité monétaire (Ministère des Finances), qui le délivre après avis conforme de la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), organe de la Banque Centrale en charge de la définition des règlements, du contrôle et de la supervision du secteur.

Une fois opérationnels, les EMF doivent se faire enregistrer auprès du Conseil National de Crédit (CNC).

Avec les mutations permanentes que connaît le secteur de la microfinance, la COBAC et l’autorité monétaire signalent d’autres règlements, instructions et outils pour l’année 2013, parmi lesquels :

  • Règlement COBAC relatif au contrôle interne dans les EMF ;
  • Instruction COBAC relative à la mise en application du système d’évaluation et de supervision des activités de microfinance (SESAME) ;
  • Reporting sur les performances sociales.

La COBAC envisage également l’adaptation aux EMF des règlements sur la gouvernance d’entreprise, et sur le Fonds de Garantie des Dépôts (FOGADAC), actuellement applicables aux banques. Des réflexions sont par ailleurs en cours pour faire accéder les EMF à la centrale des risques de la banque centrale, et instituer un reporting sur les performances sociales.

Dans le but de réduire les risques et faciliter la supervision et le contrôle, l’autorité monétaire envisage d’élever de manière significative le niveau de capital minimum exigé pour les EMF de 2ème et 3ème catégorie, et amener les EMF de 1ère catégorie à se constituer en réseau ou intégrer des réseaux existants. Les réflexions sont encore en cours.

Politique nationale de développement du secteur
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Dans le Document Stratégique pour la Croissance et l’Emploi (DSCE),  le gouvernement camerounais met, entre autres, un accent sur la microfinance comme un outil de financement de l’économie.

Afin de consolider et d’étendre les services financiers de base, ainsi qu’améliorer la qualité des prestations fournies par les EMF, le gouvernement camerounais poursuit les objectifs suivants :

  • intensifier les actions de formation des promoteurs, des dirigeants et des employés des EMF ; 

  • mettre en place un premier niveau de supervision et de contrôle des EMF par l’autorité monétaire nationale, compatible avec la réglementation COBAC ; 

  • renforcer davantage la monétarisation de l’économie, notamment par l’extension de l’automatisation des systèmes de paiement aux EMF.



Pour suivre la politique nationale de microfinance et proposer des ajustements éventuels, l’État a créé le Comité National de Microfinance (CNMF), un organe tripartite regroupant l’État, la profession et les bailleurs de fonds. C’est un cadre de concertation et d’orientation de la politique nationale de microfinance.

Pour appuyer sa politique, le gouvernement camerounais a initié et lancé un certain nombre de projets :

Le ministère des Finances a lancé un Plan d’Actions pour le Renforcement de l’Intégration Financière (PARIF) qui vise notamment à renforcer la supervision de la microfinance et à faciliter l’accès aux services bancaires.

Le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) a lancé trois projets d’appui au développement du secteur de la microfinance : (1) Projet de Crédit Rural Décentralisé (PCRD) opérationnel depuis 1994 ; (2) Projet d’appui aux établissements de microfinance MC2/MUFFA opérationnel depuis 2006 pour une durée de 5 ans ; (3) Projet d’Appui au Développement de la Microfinance Rurale (PADMIR) lancé avec le concours du FIDA et du PNUD début 2010. Ce ministère a également des volets crédits dans certains de ces projets.

D’autres ministères ont également lancé des projets ou assurent la tutelle de certains organismes qui ont des volets microcrédits. Il s’agit par exemple du Ministère de l’Élevage, de la Pêche et des industries animales (MINEPIA) avec la South West Development Authority –SOWEDA-), du Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (avec le Fonds National de l’Emploi –FNE- qui offre des microcrédits, etc.), du Ministère de la Jeunesse (PAJER-U -Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine-, du PIFMAS -Projet d’Insertion Socio-économique des jeunes par la création des Microentreprises de fabrication du Matériel Sportif- etc.), du Ministère des Affaires Sociales, du Ministère de la Promotion de la Femme, etc.