Guinée-Bissau

Les activités de microfinance, nées d’actions d’ONG et de projets de développement au cours de la décennie de 90, est encore embryonnaire en Guinée-Bissau. 

Les institutions du secteur sont concentrées au niveau de Bissau, capitale du pays, avec quelques points de service à l'intérieur. Toutes les institutions de microfinance relèvent du secteur privé et sont formées sous forme de coopérative d'épargne et crédit ou projet à volet crédit. A ce jour, aucun système financier décentralisé ne revêt la forme de société, c’est-à-dire société anonyme (SA) ou société anonyme à responsabilité limité (SARL).

Selon les indicateurs des systèmes financiers décentralisés (SFD) de la BCEAO, le pays comprend fin 2014, 18 IMF et 19 points de services pour 16 210 clients/membres. Le montant total des dépôts s’élève à 207 millions Fcfa et l’encours des crédits à 84 millions Fcfa.

Les 17 institutions de microfinance en Guinée-Bissau sont regroupées autour de l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés de la Guinée-Bissau (AP-SFD GB), créée en 2003.

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
En savoir plus
Montrez moins

Le secteur de la microfinance en Guinée-Bissau est régi par la Loi n°9/2008 du 26 août, publiée au Journal Officiel n° 34. Il s’agit de la loi uniforme portant la réglementation des systèmes financiers décentralisés, élaborée sur la base d’un processus participatif à l’initiative de La Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pour palier les dysfonctionnements constatés au niveau des SFD et des autorités de contrôle du secteur dans l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), sous l’ancienne loi PARMEC*.

En effet, à l’issue des constatations sur ces dysfonctionnements, la BCEAO a adopté le Programme Régional d'Appui à la Finance Décentralisée (PRAFIDE) en 2004 visant le renforcement de la surveillance et des capacités des acteurs, à l’amélioration de l'information sur le secteur et l’aménagement du cadre juridique. C’est dans ce dernier domaine qu’une loi uniforme a été adoptée par le Conseil des Ministres de l’UMOA, le 17 septembre 2007, et adopté le 30 mai 2008 par le pays le 26 août 2008.

Le texte ainsi adopté doit être complété par un décret d’application qui n’a pas encore été adopté par le Conseil des Ministres de la Guinée-Bissau et par les instructions (normes juridiques editées par la Banque Centrale) de la BCEAO.

Aux termes de la législation en vigueur, la tutelle des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) est assurée par le Ministre chargé des Finances, notamment à travers la structure ministérielle de suivi, la CADESPC. Toutefois, le pouvoir est conféré à la Banque Centrale et à la Commission Bancaire pour contrôler les SFD d'une certaine taille, conformément à l’article 44 de la loi.

Aussi, la tutelle du secteur est donc partagée entre le Ministère des Finances, la BCEAO et la Commission Bancaire. Dans ce contexte, le Ministre chargé des Finances dispose des prérogatives pour l’octroi d'agrément, de retrait d'agrément, des injonctions aux SFD pour des publications modificatives y compris les radiations, de la délivrance d'autorisations préalables pour certains actes ou opérations des SFD.

S’agissant de la BCEAO et de la Commission Bancaire de l’UMOA, la loi leur réserve un certain nombre de prérogatives, notamment la notification de leurs décisions en l'absence d'actes appropriés pris par le Ministre au terme des délais impartis, le contrôle à leur propre initiative après information du Ministre des SFD d'une certaine taille, l’élaboration d'instructions par la Banque Centrale ou de circulaires par la Commission Bancaire pour déterminer les dispositions applicables dans leurs domaines de compétence.

Actuellement, le secteur est fondamentalement appuyé par le Programme Régional d’Appui à la Finance Décentralisée (PRAFIDE) et le Programme d’Appui à l'Emergence et au Développement du Secteur de la Microfinance (PAED/MF).

Politique nationale de développement du secteur
En savoir plus
Montrez moins

La stratégie nationale pour le développement de la microfinance, intitulée « Plano Director para a Emergência de um Sector Financeiro Inclusivo (PDSFI), Plan Directeur pour l’émergence d’un secteur financier inclusif (PDSFI), a été validée en juillet 2008. Ce plan directeur a été élaboré avec l’assistance financière et technique du PNUD à travers le projet PAED/MF et vise notamment à promouvoir la professionnalisation des opérateurs du secteur, l’assainissement et la sécurisation du secteur, la promotion de l’articulation de la microfinance avec le secteur bancaire et satisfaire les besoins des populations défavorisées. Cependant, à ce jour ce plan n’a pas encore été adopté par le Gouvernement.