Taux d'intérêt et tarification

Le prix d'un service financier varie en fonction du produit, de l'institution, du contexte dans lequel celle-ci opère et de ses attentes en termes de bénéfices. La plupart des institutions financières s'efforcent de couvrir leurs coûts via les frais et les intérêts facturés aux utilisateurs de leurs services, mais lorsqu'elles ont affaire à des clients à faible revenu, la question récurrente est de déterminer le niveau de bénéfice acceptable, pour peu qu'il soit possible d'en faire. 

Pour les microprêts, les taux d'intérêt sont généralement plus élevés que ceux payés par les personnes plus riches. Il s'agit largement d'un problème de coûts : il faut beaucoup moins de temps au personnel de l'institution pour réaliser un seul prêt de 100 000 dollars que pour réaliser 1 000 prêts de 100 dollars chacun, ce qui fait que les frais administratifs d'un petit prêt représentent un pourcentage bien plus important du montant de celui-ci. En outre, pour les emprunteurs qui n'ont pas de garantie ou de salaire, les décisions de crédit ne peuvent pas s'appuyer sur un scoring automatisé, et nécessitent donc une intervention substantielle d'un chargé de prêts qui doit évaluer les risques que présente chaque prêt. De nombreuses institutions de microfinance opèrent dans des régions reculées ou à faible densité de population, ce qui renchérit encore les prêts. 

Pour être viables, ces institutions doivent fixer les tarifs de leurs produits suffisamment haut pour couvrir leurs coûts. Nombre d'institutions qui travaillent avec les pauvres s'efforcent d'optimiser leur efficacité opérationnelle afin de maintenir leurs coûts aussi bas que possible, tout en cherchant à trouver le juste équilibre entre le prix qui leur permettra de couvrir leurs coûts et celui que le client peut se permettre de payer. Les approches de la tarification et des bénéfices varient en fonction des motivations de l'organisation et ont fait l'objet de nombreux débats. Les préoccupations liées aux niveaux élevés des bénéfices dans le secteur de la microfinance ont donné lieu à plusieurs mobilisations à l'échelle internationale pour renforcer la transparence de la tarification ainsi que pour introduire une politique de protection du consommateur afin de permettre aux clients de prendre des décisions avisées.

Une commerçante calcule sa recette journalière. Photo de Dominic Chavez, Banque Mondiale.