République centrafricaine

L’inégale couverture géographique du pays par les établissements de microfinance (EMF) est importante et caractérisée par un déséquilibre entre la capitale Bangui et le reste du pays. Les acteurs sont majoritairement concentrés dans la capitale au détriment des zones rurales. Sur les 16 préfectures que compte le pays, seules 7 sont couvertes par des institutions plus ou moins structurées.

D’après les informations de la Cellule de microfinance - Ministère des Finances et du Budget – de  2010, le paysage de la microfinance est formé d’une trentaine de structures regroupant des caisses/coopératives d’épargne et de crédit, et des projets et ONG à volet microfinance. En décembre 2009, les 5 EMF agréés du pays servaient 32 000 clients à travers 31 caisses. Sur la même période, l’encours de dépôt s’élève à 3 310 000 000 FCFA pour en encours de crédit de 1 100 000 000 FCFA.

Les principaux acteurs présents sont le Crédit Mutuel de Centrafrique (CMCA), l’Union Centrafricaine des Caisses d’Epargne et de Crédit (UCACEC) en crise, la Société Finance Africaine de Crédit S.A (SOFIA Crédit) et Express Union S.A ayant la forme juridique de société anonyme et de la caisse mutuelle des Cifadiennes de Centrafrique (CMCC). En marge, existent un certain nombre d’ONG exerçant des activités de microfinance telles que Danish Refugees Council (DRC), Catholic Relief Service (CRS) et International Partnership Human Development (IPHD).

En dehors de ces dernières, la majorité des interventions se font en dehors de la réglementation et pour la plupart caractérisée par une insuffisance de professionnalisme (absence de procédures, de système de contrôle, de plan d’affaires).

Plusieurs éléments contribuent à ce déséquilibre : la faiblesse des ressources financières, techniques et humaines des EMF ; l’insuffisance de partenaires au développement du secteur ; la persistance de poches d’insécurité dans certaines zones du pays et l’état dégradé des infrastructures routières.

Les EMF agréés par la COBAC ont constitué, en mai 2006, l’Association Professionnelle des Etablissements de Microfinance en Centrafrique (APEMF-CA).

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
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La RCA (République centrafricaine)  est membre de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). A ce titre, la réglementation N°01/02/CEMAC/UMAC/COBAC du 13 avril 2002 relative à l’exercice des activités de microfinance et aux normes en la matière dans la sous-région, est celle en vigueur dans le secteur en RCA. Cette réglementation est aussi accompagnée par 21 normes prudentielles de la Commission bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) qui sont entrées en vigueur en avril 2007.



Le Règlement CEMAC ne régit pas la forme juridique de l’établissement de microfinance (EMF), mais seulement l’activité. Il définit la microfinance comme étant une activité exercée par des entités agréées n’ayant pas le statut de banque ou d’établissement financier et qui pratiquent, à titre habituel, des opérations de crédits et ou de collecte de l’épargne et offrent des services financiers spécifiques au profit des populations évoluant pour l’essentiel en marge du circuit bancaire traditionnel. Il prévoit trois catégories d’EMF :

  • la 1ère catégorie constituée d’EMF qui ne traitent qu’avec leurs membres (ce sont les coopératives, les associations, etc.)
  • la 2ème qui regroupe les EMF qui offrent des services financiers à des tiers (elles doivent avoir le statut de société anonyme)
  • la 3ème composée d’EMF qui n’offrent que du crédit et ne sont pas autorisés à mobiliser l’épargne.
Politique nationale de développement du secteur
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Le document de la stratégie nationale de la finance inclusive 2010-2014 (SNFI) est rédigé en août 2009, validé par les acteurs en décembre 2009 et adopté par le gouvernement centrafricain en février 2010. 

La SNFI est élaborée autour de quatre axes stratégiques pour mener à bien le développement du secteur de la microfinance :

  • Axe 1 : Améliorer l’environnement légal, réglementaire et le cadre institutionnel ;
  • Axe 2 : Favoriser une plus grande inclusion financière en augmentant la couverture géographique et la diversification des produits et services offerts ;
  • Axe 3 : Pérenniser les interventions des EMF en les professionnalisant afin qu’ils offrent des services financiers de façon durable ;
  • Axe 4 : Accroître l’accès des EMF aux ressources et renforcer l’intégration de la microfinance au secteur financier.

Une table ronde des bailleurs de fonds (PNUD, FENU, BAD, FIDA, Banque Mondiale, Union Européenne) est envisagée pour la mobilisation des ressources en vue du financement de la mise en œuvre. Le pilotage de la mise en œuvre de la stratégie nationale sera assuré par le comité national de microfinance (CNMF) composé des représentants des acteurs concernés par le secteur, sous la tutelle du Ministère des Finances et de Budget.

La stratégie nationale pour la finance inclusive en RCA 2010-2014, est l’aboutissement d’un processus enclenché par le Gouvernement pour intégrer le secteur de la microfinance dans l’ensemble des politiques qu’il met en œuvre pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.