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Le plan d’affaires : clé de voute du succès d’une IMF

Mise en application de l'outil Microvision durant une formation en Tanzanie. Crédit photo : BRS & ADA

L’importance d’un plan d’affaires cohérent et solide

Savez-vous que 82 % de l’ensemble des faillites d’entreprises sont causées par des projections financières de mauvaise qualité et des problèmes de liquidité ? Et les jeunes entreprises sont généralement les plus touchées : 22 % ne survivent pas la première année, 50 % les trois premières années et plus de 70 % les cinq premières (Source : Rapport "Global Entrepreneurship Monitor").

De même, les institutions de microfinance (IMF) sont confrontées à de tels défis. Elles doivent assurer leur viabilité sur le long terme en alliant performances financière et sociale tout en tenant compte des enjeux environnementaux. Afin de répondre aux besoins du marché et à ceux de plus en plus diversifiés des populations cible, elles ne cessent de s’adapter en investissant dans des nouvelles technologies et/ou en innovant dans des approches permettant de remettre au centre du système les bénéficiaires (comme par exemple l’approche « client-centricity » préconisée par le CGAP).

La construction d’un plan d’affaires est donc essentielle. Actuellement, chaque organisation souhaite disposer d'un plan d'affaires solide et de projections financières réalistes qui mettent en évidence ses choix stratégiques, valeurs, objectifs, la segmentation de la clientèle et la planification des ressources.

Cependant les IMF, particulièrement celles des Tier 2 et Tier 3, rencontrent des difficultés liées à la mise en place de ce plan d’affaires avec comme conséquences  la non atteinte des objectifs financiers et sociaux, le manque d’identification d’opportunités économiques ou de partenariats, voire la faillite de l’institution.

Quelles sont les facteurs clés de succès pour élaborer un plan d’affaires?

Pour pallier les défis auxquels les institutions font souvent face dans l’élaboration de ce document, elle doivent se focaliser sur certains points :

1.Ne internalisation des compétences au sein de l’IMF

Concevoir un plan d’affaires fait appel à des compétences aussi variées que la planification stratégique, la capacité à structurer une idée de projet et se projeter, la gestion des ressources humaines ou financières, l’analyse financière, la compréhension de l’environnement concurrentiel, la connaissance de l’historique de l’IMF et l’analyse de ses forces et faiblesses.

L’institution doit s’entourer d’une équipe  compétente pour favoriser la réflexion constructive nécessaire à l’élaboration d’un plan d’affaires cohérent.   

2.Un investissement en moyens humains et financiers suffisants

La conception d’un plan d’affaires est un processus itératif qui nécessite une réflexion globale et intégrée. L’institution doit à la fois définir une vision, une mission, des objectifs et des actions et être en mesure de réajuster ces éléments en fonction des changements internes et externes à la structure.

Le temps passé sur ce document stratégique n’est pas négligeable et les équipes qui y sont dédiées ne doivent pas faire l’impasse sur des questions de fonds essentielles à sa cohérence et sa faisabilité.

Un plan d’affaires devra aussi régulièrement être révisé  afin d’évaluer et suivre  la progression des activités (formation des agents de crédits, etc.), l’atteinte des objectifs (nombre de femmes entrepreneures ayant eu accès au crédit agricole par exemple) et les projections financières (croissance du portefeuille du crédit agricole de 10% sur l’année).

Enfin, l’institution ne doit pas minimiser le temps et les moyens financiers à déployer pour évaluer les activités en cours (étude de satisfaction des clients), comprendre l’environnement concurrentiel ou identifier des opportunités sur le marché (étude de marché).

3.Des outils adaptés aux IMF

Actuellement, le secteur offre  peu d’outils aux institutions pour les aider à élaborer de manière pragmatique la modélisation financière d’un plan d’affaires.

Une étude menée par Microfact en 2017 relève que les supports d’aide à la construction de business plan ne sont généralement pas adaptés aux IMF : elles utilisent un fichier Excel, souvent source d’erreurs multiples, ou bien l’outil de modélisation financière "Microfin", plus complexe et demandant de telles informations qu’il nécessite souvent l’appui d’un consultant.

Avoir recours à un consultant peut permettre une prise de recul aux différents organes de l’institution (conseil d’administration, équipe dirigeante…) qu’ils n’ont pas toujours,  à condition que l’IMF reste maitre de ses grandes orientations stratégiques.  Par ailleurs, trop souvent faute de moyen, ces mêmes consultants se prêtent à l’exercice sans suffisamment connaître la réalité des zones d’intervention de l’IMF, entraînant des incohérences de taille et des plans d’affaires inexploitables.

Outil Microvision

Microvision, un outil adapté en réponse aux réalités et besoins des IMF

Microfact a mis en place l’outil "Microvision" permettant la modélisation financière d’un plan d’affaires sur cinq (5) ans avec la possibilité d’enregistrer jusqu’à trois scénarios différents. Cet outil simple d’utilisation permet de générer la projection des états financiers et des principaux indicateurs clés de performances financières et sociales et de gérer les flux de trésorerie.  Il sera téléchargeable gratuitement en mars 2019 et accompagné d’un manuel qui permettra son utilisation en toute autonomie.  

Dans le cadre de l'initiative Microfact, ADA et BRS organisent une formation sur l’outil "Microvision" et plus généralement en plan d’affaires et projections financières du 18 au 22 mars 2019 à Louvain, en Belgique et au Luxembourg. Cette formation sera dispensée en anglais par Chuck Waterfield.

 

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Maximin G. MEGNIGBETO
28 février 2019

Bravo à Microfact pour cette initiative louable.
Quand est-ce que la formation sera-t-elle disponible en français et accessible aux professionnels de la microfinance en Afrique subsaharienne ?
Merci de rendre l'outils ainsi que son manuel disponible pour téléchargement gratuit.

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