Algérie

Un certain nombre d'acteurs, aux caractéristiques variées, sont engagés dans la distribution de services financiers de masse en Algérie ; toutefois et s'agissant du financement des petites unités productives ou commerçantes le marché est quasiment vierge. Les besoins des ménages en services financiers de proximité sont loin d’être couverts, avec un taux de bancarisation estimé à 30%. Le financement des 1,25 millions de travailleurs du secteur informel, considéré comme exclus du crédit et le faible taux de bancarisation des ménages, donnent également une idée de l’importance des besoins en crédit non satisfaits.

Le pays possède cependant une modeste expérience dans le domaine de la microfinance grâce à la mise en œuvre par le conseil du gouvernement, dès 2003, d'un dispositif de microcrédit qui pourrait être assimilé à ce type de financement. Présente sur l'ensemble du territoire, l’Agence Nationale de Gestion du Microcrédit (ANGEM) finance la création d'activités et le développement d’activités à domicile, pour favoriser les artisans et l'auto-emploi, notamment des femmes et des jeunes. Selon les données de l’ANGEM, les montants octroyés varient de 50 000 à 400 000 DA. Fin 2012, le nombre de bénéficiaires de l’ANGEM s’élève à 110 000 pour un encours total de crédit de 5 600 000 000 DA.

La future stratégie de l’ANGEM permettrait d'accorder des crédits aux très petites et petites entreprises (TPE) et aux PME, mais également de les accompagner durant leur développement. Le nombre des petites et moyennes entreprises (PME) algériennes atteint 620 000 unités en 2010. Ces PME emploient 1,6 million de travailleurs. Elles représentent 94% du tissu national des entreprises, 52% du total de la production du secteur privé hors hydrocarbures et près de 35% de la valeur ajoutée de l'économie algérienne.

Sur le plan institutionnel, l'ANGEM, agence publique, envisage une décentralisation avec la création d'un réseau d'associations locales à caractère mutualiste, liées à l'ANGEM par des conventions de partenariat. Une telle évolution renforcerait la société civile algérienne.

Cadre légal, réglementaire et institutionnel
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Le Gouvernement est seul en définition du cadre légal de la microfinance et plus particulièrement du microcrédit ; les propositions d’aménagement et d’adaptation du cadre IMF légal sont élaborées et présentées par le Ministère de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la Condition Féminine (MSNFCF).

Le Ministère des Finances est responsable de la supervision de l’utilisation légale des fonds versés par l’État au Ministère de la Solidarité Nationale pour le microcrédit. Le Ministère de la Solidarité Nationale est le Ministère tutelle de l’Agence Nationale de Gestion du Micro-crédit (Angem).